HAUSSE DES TARIFS - LETRRE A VALERIE LETARD Madame Valérie LETARD Secrétaire d’Etat aux Personnes âgées 55 rue Saint Dominique 75700 PARIS Quimper, le 5 mars 2009 Objet : Hausse des tarifs en EHPAD Madame la Ministre, Des familles et des résidents, de plus en plus nombreux, s’adressent à nous pour nous faire part de leur inquiétude et de leurs difficultés à assumer l'augmentation incessante des hébergements pour personnes âgées dépendantes. Aujourd'hui le coût d'un établissement, supporté par le résident et sa famille, est en moyenne de 1700 euros par mois, en Ile De France et dans de nombreux départements le tarif hébergement varie de 2500 à 3000 euros et plus par mois, face à des retraites de 1100 euros en moyenne par mois. Les résidents subissent depuis 2000 des augmentations de 5 à 6% par an sur le tarif hébergement, si cette situation perdure le coût de l'hébergement doublera entre 12 et 15 ans, face à des retraites qui stagnent avec des augmentations de 1,5 à 2% par an. Avec l’inflation soutenue des tarifs hébergements de ces dix dernières années le reste à charge est devenu si lourd qu'il compromet l'accès aux établissements, entraîne un reste à vivre du conjoint qui le conduit à des situations de précarité inacceptables et génère pour les enfants une participation financière de plus en plus difficile à assumer, étant eux mêmes pour la plupart des retraités. Cette situation nous amène à considérer que l'Etat abandonne les classes moyennes. Le "Plan Solidarité Grand Age" très partiellement mis en oeuvre ne résout pas aujourd’hui le problème de l'inflation des tarifs hébergement, lequel mérite une action immédiate auprès des gestionnaires d'établissements et des Présidences de Conseils Généraux qui valident ces augmentations tarifaires par les arrêtés de tarification annuels. Malgré les recommandations de la Cour des Comptes et le rapport de la MECSS en 2005 qui préconisaient, d'une part un allègement des tarifs hébergement et d'autre part relevaient que les besoins des personnes âgées fragilisées n'étaient couverts qu'à moitié, la FNAPAEF fait le constat que ces rapports n'ont pas été suivis d'effets : les tarifs hébergement ont continué à grimper et les moyens affectés au soin et au prendre soin demeurent bien en deçà des besoins. La FNAPAEF dénonce sans relâche les charges indues imputées sur l’hébergement tels que les amortissements du bâti, la climatisation, les mises aux normes, l'ensemble des charges administratives, les groupes électrogènes (reportés à 2012)..., sans oublier le ticket modérateur de la dépendance à charge du résident, les repas moulinés, mixés, lissés, dont le temps de préparation devrait apparaître en section de dépendance, ainsi qu’un certain nombre d’activités (animation) liées à la prévention de la dépendance et de certaines pathologies, qui restent à la charge des résidents. Enfin nous portons à votre attention, la désinformation des familles en matière de budget prévisionnel des établissements. L'arrêté annuel fixant le prix de journée, leur étant souvent communiqué très tardivement ne leur permet pas de procéder à un recours en tarification, les délais requis ne pouvant être respectés. Nous rappelons que résidents et usagers financent plus de 60% du budget des établissements. Par ailleurs de nombreux conseils de vie sociale sont maintenus dans l'ignorance des budgets. La FNAPAEF partage le même constat que la Cour des Comptes qui dans son rapport rendu public le 4 février 2009 a souligné que « les recommandations formulées par la Cour des Comptes en 2005 apparaissent à ce stade très peu suivies d'effets » La FNAPAEF attend du gouvernement l'application du Plan Solidarité Grand Age, et demande à l'Etat de respecter ses engagements. Restant à votre entière disposition, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations. Joëlle LE GALL Présidente Marc REYBAUD Vice Président *********************************************************** LES RELATIONS FAMILLES Intervention de la FNAPAEF (grandes lignes) au congrès francophone des directeurs d'établissements pour personnes âgées Dans les établissements on observe trois acteurs en étroites interactions : le résident (aidé), les professionnels (aidants), les familles. La situation chronique de sous effectifs professionnels perturbe les relations entre les 3 entités, elle génère : la souffrance des aidants professionnels, celle des résidents, celle des familles avec des conséquences sur la qualité de vie des résidents, les relations avec les familles. 1) Les familles : Sont souvent repliées sur leurs parents, peu impliquées dans la vie de l’établissement. 2) Relations familles-personnel Aides soignantes, AMP, ASH assurent l’essentiel des contacts ; leur rôle relationnel est important. Les demandes des familles ne s’adressent pas toujours à la bonne personne et les demandes sont souvent perçues comme des ordres ou des plaintes. Familles et professionnels n’évaluent pas les situations suivant les mêmes critères. 3) Relations familles-corps médical L’accès à l’information médicale est difficile et génère de l’angoisse, des frustrations, du mécontentement. 4) Relations familles-établissement-direction La qualité des relations, les situations conflictuelles, l’intégration des familles sont étroitement liées : -à la taille des établissements (taille humaine.) -au nombre d’établissements gérés par un directeur (disponibilité, proximité) -aux statuts de l’établissement : hospitalier (culture technique) , EHPAD privé ou public à but non lucratif(culture sociale), privés à but lucratif(culture financière) -à la localisation : urbaine, rurale. 5) Frais d’hébergement-tarification Le reste à charge et les ressources des résidents de plus en plus incompatibles. Les familles connaissent peu le système de tarification ; l’origine des hausses de tarifs ; les conventions tripartites ; les budgets et la problématique financière des EHPAD. Réduire l’incompréhension, les conflits par plus de transparence, de pédagogie, d’informations. 6) Conseil de vie sociale : Les familles sont peu motivées et informées, leurs élus s’inscrivent peu dans une démarche collective, ils sont plus centrés sur des préoccupations personnelles. Perception des CVS : peu efficaces, orientations sans suite. Nécessité de réflexions pour redonner un sens aux CVS, les inscrire dans un projet commun. 7) Améliorer les relations familles-établissements Présentation de quelques initiatives et expériences. 8) Gérer les conflits -Médiation interne -Médiation externe : Faire appliquer par les conseils Généraux l’ordonnance du 4-9-2003 : liste des personnes qualifiées 9) Familles-établissements « coudes à coudes » Thème développé en septembre 2006 dans le cadre du colloque familles-établissements organisé par l’Association Vivre et Vieillir En Citoyen (AVVEC) Associations de résidents et leurs familles, établissements doivent collaborer et se soutenir pour une meilleure qualité de vie des résidents, pour sauvegarder leur dignité et leur citoyenneté à part entière. Marc REYBAUD Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées Et leurs Familles (FNAPAEF) ************************************ Quelle solidarité pour les personnes âgées en situation de perte d’autonomie ? Avec les nouvelles mesures du gouvernement, nous nous écartons dangereusement de ce qui apparaissait comme une volonté de faire une véritable politique de prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie reposant sur une réelle solidarité nationale. Le plan Alzheimer et les franchises médicales Alors que le précédent plan Douste-Blazy n’a pas encore vu sa pleine application, le Président de la République nous annonce un nouveau plan qui regroupe la maladie d’Alzheimer, les soins palliatifs et le cancer. Il propose un financement qui n’est pas à la hauteur des ambitions et ne répond pas à l’urgence de la situation. Ce plan prévoit un financement injuste et inacceptable car il repose sur l’application de franchises médicales qui pénalisent les malades. L’assurance dépendance privée La FNAPAEF réitère sa demande d’une concertation urgente pour la mise en place du 5ème risque construit sur une véritable solidarité nationale et non pas sur une participation de l’assurance privée. L’assurance dépendance serait réservée à ceux qui ont des revenus suffisants pour cumuler une complémentaire maladie avec une complémentaire dépendance : les faibles revenus ne pourraient pas y souscrire. Or la dépendance liée à une pathologie ou à un handicap c’est du soin et du prendre soin qui doivent être totalement pris en compte par un financement solidaire et universel. La FNAPAEF s’oppose à utiliser des produits d’épargne pour la prise en charge du soin qui relève de l’assurance maladie et pour l’accompagnement de la perte d’autonomie qui relève d’une nouvelle branche, 5ième risque de sécurité sociale, qui devra avoir comme ressources un financement solidaire et universel. Il y a urgence sachant que les assurances privées ne pourront venir soulager le financement public que dans un nombre certain d'années. Depuis 10 ans on constate une inflation insupportable des coûts restant à la charge des personnes âgées en perte d’autonomie. La FNAPAEF se positionne clairement pour : - une prise en charge complète des soins et de la perte d’autonomie, quel que soit l’âge, financée par la solidarité nationale - en établissement, la mise en place des ratios prévus par le Plan Solidarité Grand Age - à domicile, un accroissement significatif du nombre de places de services de soins infirmiers et des moyens de soutien pour les personnes souhaitant rester à domicile - une tarification des établissements qui ne reporte pas sur les résidents les coûts de construction et des mises aux normes ainsi que toutes les charges indues révélées par le rapport de la Cour des Comptes. - l'urgence à financer le Plan Solidarité Grand Age, seul garant de services de qualité et d'une humanisation dans les établissements comme à domicile Dans un esprit de véritable solidarité, le gouvernement doit trouver de vraies solutions durables de financement dans le prolongement de la loi de 1945 pour laquelle nos parents qui sont aujourd’hui les premières victimes se sont tant battus. Pensons aussi à notre devenir de vieux de demain et à celui de nos enfants. ************************************************************** LA DEPENDANCE DES PERSONNES AGEES : LA SOLIDARITE NATIONALE SURINEE Dire que le recours aux assurances privées ne viendra qu'en complémentarité à la solidarité nationale est quelque part assez pharisien puisque désormais le ver sera dans le fruit et qu'ainsi la solidarité nationale pour nos aînés reculera régulièrement demain au profit d'une rapide pénétration des entreprises privées d'assurance. Alea jacta est : le 18.09.2007, s'agissant de la dépendance âgée, le Président de la République déclarait "Les investisseurs privés doivent investir davantage dans ce secteur, non pas en substitution de la solidarité nationale, mais en complément. La dépendance des personnes âgées est le plus souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits innovants. Ces produits d'épargne longue doivent être fiscalement encouragés". Cette déclaration s'inscrit dans le droit fil de la campagne présidentielle où le 24.01.07, l'UMP, avait alors organisé des "Rencontres parlementaires sur la dépendance" à la Maison de la chimie à Paris, et où étaient invités d'estrade et en force les représentants des grandes compagnies d'assurance. Le ton était donné dès cette date, et à ce jour les déclarations de Mr N. Sarkozy sont honnêtes car sont conformes à ses engagements de campagne : la rupture à pérenniser le financement de la solidarité nationale selon l'évolution des besoins démographiques, le refus explicite à aller vers une 5ème branche de S.S., donc la volonté à maintenir l'actuelle exclusion des malades âgés et dépendants au nom de l'âge, bref à consolider l'odieux et injuste cap fatidique des 60 ans, à savoir qu'avant 60 ans on est une personne handicapée et qu'à partir de 60 ans, on est une personne âgée "dépendante" avec une compensation réduite de l'handicap. Mais, si on peut louer la promesse tenue, on peut être critique sur la forme. Dire que le recours aux assurances privées ne viendra qu'en complémentarité à la solidarité nationale est quelque part assez pharisien puisque désormais le ver sera dans le fruit et qu'ainsi la solidarité nationale pour nos aînés reculera régulièrement demain au profit d'une rapide pénétration des entreprises privées d'assurance. La voie est ainsi ouverte aux funestes fonds de pension. Et où la démarche politique, lors des présidentielles, a encore été davantage opaque, est qu'on a fait miroiter aux électeurs une 5ème branche de S.S., alors qu'il s'agissait d'une nouvelle structure de couverture, non fondée sur la solidarité nationale via la S.S. mais sur son principe inverse, à savoir le recours à l'assurance privée individuelle. Le discours politique n'a-t-il pas trompé l'électeur et notamment âgé, en parlant implicitement de "5ème branche de protection sociale" ? Selon IPSOS, 65 % des retraités ont massivement apporté leur suffrage à Mr N. Sarkozy, 70% des plus de 70 ans, alors que la couleur était annoncée, à savoir la rupture à engager davantage la solidarité nationale. On est alors en droit de se poser 3 questions : •- ou les retraités sont masochistes car ils vont être soumis à ce qu'ils ont appelé par leur vote : moins de solidarité nationale face à ce qui les attend, à savoir les risques maladie et dépendance •- et/ou les retraités ont été trompés, doublement. Par la gauche qui a manqué une belle occasion en s'en tenant dans son projet présidentiel initial à la seule amélioration de l'aide personnalisée à l'autonomie (APA), alors que celle-ci instaurée en 2002 avait été présentée par la gauche elle-même comme une étape vers une 5ème branche de S.S. La gauche dont la candidate à la présidentielle a trop tardé pour s'engager vers une 5ème branche de S.S. (21.03.07) et dont le message n'a pas été relayé par les grandes associations de retraités, elles-mêmes plutôt hostiles à une 5ème branche de S.S. au prétexte qu'elles n'y seraient pas représentées au profit des organisations syndicales. Trompés par la droite amalgamant à dessein 5ème branche de protection sociale et 5ème branche de sécurité sociale •- et/ou les retraités sont adeptes de la politique de l'autruche, estimant que la dépendance c'est pour les autres et non pour eux, se refusant à voir les 900 000 places en maisons de retraite, se refusant à voir les 950 000 personnes âgées ou retraités atteints de maladie d'Alzheimer et confrontés indéniablement à la dépendance, se refusant à accepter les statistiques, à savoir qu'à partir de 80 ans, deux personnes sur cinq sont confrontées à la dépendance. En fait, l'explication est double : la majorité des retraités sont naturellement réticents à envisager la dépendance pour eux-mêmes, même s'ils l'évoquent pour mieux la conjurer, et ils sont de tout temps majoritairement conservateurs et légitimistes, ils n'ont pas souhaité l'alternance, ce qui est parfaitement leur droit, mais leur commande d'en assumer les conséquences qu'ils n'avaient pas entrevues. Dr Guy Pétin ******************************************************************* AVVEC dénonce « la baisse organisée des crédits dans de nombreux établissements » Le volet « personnes âgées » de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 (1) et les difficultés de signature des dernières conventions tripartites pour les EHPAD (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) alimentent, parmi d'autres éléments d'actualité, un constat alarmiste d'AVVEC (2). Les directeurs et les représentants des familles regroupés dans cette association sont d'autant plus critiques que les « engagements ambitieux» des hommes politiques pour récupérer « le retard accumulé depuis 30 ans » - pris, notamment, lors du lancement du plan de solidarité grand âge en 2006, visant à terme un taux d'encadrement de 0,8 salarié en maison de retraite pour un résident - leur semblent contredits par les arbitrages financiers. La plus faible augmentation depuis 2003 Pour 2008, les crédits d'assurance maladie accordés aux personnes âgées (4,8 milliards d'euros, soit 3 % de ce budget) sont annoncés en hausse de 11 %. C'est l'augmentation la plus faible depuis la canicule de 2003, note Pascal Champvert, co-président d'AVVEC, qui la juge également «fictive » car elle reprend pour partie des crédits antérieurs non dépensés. En réalité, calcule-t-il, elle n'est que de 8 % et doit couvrir à la fois les créations de places et les évolutions de fonctionnement . Ces dernières sont donc fortement contingentées et si certains établissements voient leurs moyens s'améliorer, d'autres sont appelés à ,faire "avec " une diminution. Déjà, en 2007, les budgets soins de la plupart des établissements et services n'ont été augmentés que de 1,6 %, c'est-à-dire moins que la hausse des prix et des salaires, rappelle AVVEC. Deux circulaires du 17 octobre 2006 et du 6 avril 2007 - contre lesquelles l'association a déposé un recours au Conseil d'Etat - prévoient, directement ou indirectement, la possibilité de revoir à la baisse » la dotation de certains établissements dans un délai de trois ans. Dans la même logique, la loi de finances pour 2008 ouvre la possibilité de fixer par arrêté des plafonds pour les établissements médico-sociaux. L'objectif est bien de ramener tout le monde vers une fourchette moyenne, fût-elle basse, compatible avec les budgets alloués. « On part des enveloppes prédéterminées et non pas des besoins des personnes reconnus par tous », proteste Joëlle Le Gall, l'autre coprésidente d'AVVEC. Cette même logique explique que certains établissements n'ont toujours pas signé de convention tripartite, alors que la date limite ultime est fixée au 31 décembre 2007. Ils seraient 2 000 dans ce cas, estime Pascal Champvert - personne, même le cabinet de la ministre, n'ayant de chiffre exact... Pour 300 d'entre eux, « indignes et qu'il faut fermer », ce sont les pouvoirs publics qui ne souhaitent pas contracter. Pour les 1700 autres, ce sont les établissements qui résistent et qui « ne veulent pas signer à n importe quel prix ». Laurent Pédelaborde, directeur d'une maison de retraite de 43 lits à Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques), se voit ainsi proposer par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) 460 000 € pour son budget soins 2008, alors que ses résidents utilisent actuellement 625 000 € de crédits d'assurance maladie (dont 145 000 € pour l'intervention d'infirmières libérales). Pourtant, avec un GIR moyen pondéré de 780 (c'est-à-dire très élevé), ses demandes sont, poste par poste, jugées « raisonnables » par les inspecteurs de la DDASS. « Sans doute serais-je un meilleur gestionnaire si je n'appliquais pas de convention collective et si, comme d’autres, j’avais un turn over tel que l'établissement n'emploierait que des smicards », ironise ce directeur, en faisant allusion à des « sug gestions en ce sens, entendues ici et là de la part des représentants des pouvoirs publics ». Mais il refuse un recul budgétaire qui le ferait rétrograder d'un taux d'encadrement de 0,7, « pas du tout luxueux », à 0,52. « Ce serait incompatible avec le projet d'établissement», juge aussi son conseil d'administration, qui le soutient dans le bras de fer engagé. Car s'il refuse toujours de signer après sept ans de palabres, il risque cette fois de se voir imposer un forfait encore inférieur... Des pressions à la signature De semblables pressions « à la signature à tout prix » sont actuellement exercées dans de nombreuses DDASS, assure Pascal Champvert, qui remarque que plusieurs directeurs d'établissements publics prêts à témoigner ont renoncé à le faire in extremis. Il est vrai qu'ils sont notés personnellement par le directeur de la DDASS... En tout cas, AVVEC refuse d'autant plus la volonté d'alignement sur la moyenne que « des crédits existent ». A la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie), il restait 200 millions d'euros non dépensés sur le budget « personnes âgées » 2006 (« ceux quisont recomptés dans l'augmentation de crédits pour 2008 et permettent d'afficher la hausse de 11 %»). Sur 2007, il va subsister environ 600 millions, estime Pascal Champvert, « ce qui montre au passage, contrairement à ce qu’affirme Eric Besson, que le produit de la journée de solidarité est certes budgété mais pas dépensé à 100 % pour son objet ». « C'est inadmissible quand tant de besoins subsistent, estime Joëlle Le Gall, car cela veut dire qu'il faut faire les toilettes en dix minutes, sans le temps de la relation humaine. A ce rythme, les personnels s'épuisent, les familles culpabilisent », et « ce n est pas mieux à domicileavec une aide plafonnée à 92 heures par mois » pour les moins valides. AVVEC demande donc qu'il n'y ait ni gel de crédits, ni recul des moyens des établissements et services, que les excédents soient utilisés dès le début 2008 et que les charges nouvelles imposées aux établissements soient compensées. Elle réclame surtout une concrétisation des promesses du président de la République sur la mise en place du cinquième risque, à l'occasion d'une grande conférence nationale qui devrait dégager des financements pour augmenter les personnels et le nombre de places à domicile et en établissement, et diminuer le coût payé par les résidents dans lesdits établissements. « Leplan Alzheimer devra être financé dans ce cadre », ajoute l'association, qui préférerait ne pas devoir compter sur les franchises médicales. Ni sur la récupération sur succession -« une idée remisée grâce au tir de barrage convergent des associations, mais qui peut réapparaître »-, ni sur l'assurance individuelle, « inaccessible à une bonne partie des Français ». M. J. M. pour "Actualités Sociales Hebdomadaires" (1) Adoptée le 23 novembre 2007 (2) AVVEC rassemble l'AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées) et la Fnapaef (Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées Et de leurs Familles): c/o AD~PA - 3, impasse de l'Abbaye .94100 Saint-Maur-Tél. 01 55 12 17 24. ************************************************ Lettre "fictive" d'un conseiller technique à M. Sarkozy "Monsieur le Président, La faillite financière est à nos portes:12 milliards de déficit du régime général cette année ; 41 milliards de déficit budgétaire: autant dirc que l'heure n'est pas aux largesses... Vous avez durant la campagne électorale promis l'instauration d'un 5ème risque de sécurité sociale dédié à la perte d'autonomie. La CNSA vient de produire un rapport qui propose la création d'une Prestation de Compensation Universelle couvrant les risques handicap et dépendance; un rapport d'une précision telle.... qu'il a pu être adopté tout à la fois par le MEDEF et Force Ouvrière, par les conseils généraux et I'Etat, par les assureurs privés et la Mutualité ! Seul petit problème: la caisse elle-même évalue le coût de cette prestation entre 2 et...7 milliards d'euros pour les prochaines années. Une concertation pour patienter Il va de soi que cette réforme est irréalisable en l'état actuel de nos finances. Pour autant, il convient de gérer la suite des évènements de telle manière que vous n'ayez pas à vous déjuger. Je vous propose dès lors d'adopter Ia même stratégie que celle du Plan Azheimer: des annonces fortes pour l'opinion publique mais un financement flou. Je vous suggère ainsi de laisser traîner la concertation jusqu'en avril prochain. Aucun projet de loi ne devra bien évidemment dévoiler nos intentions avant les élections municipales de mars 2008. Mais demander aux ministres concemés de lancer une concertation avec les organisations professionnelles me paraît une bonne technique pour ne rien décider d'ici là. Dès les élections municipales passées, nous déposerions un projet de loi définissant un panier de biens et de services financé par la solidarité nationale. Ce "panier" serait l'équivalent de ce que prend aujourd'hui en charge I'APA afin de ne pas dépenser plus. Au-delà, le risque serait couvert par des assurances privées ou des mutuelles. Diminuer l' APA... Cependant, un tel projet de loi ne serait pas suffisant pour réaliser des économies. C'est la raison pou laquelle je vous propose de refléchir à deux autrcs pistes cumulatives : "Nous pourrions d'abord remettre au goût du jour le recours sur succession sur l'APA. Notre ami Michel Charasse a déjà tenté ce mois-ci d'introduire un amendement au Sénat tendant à rétablir ce recours. Certes, il a dû reculer, mais la prochaine tentative pourrait être la bonne. Surtout si nous tentons de recueillir l'accord sur ce point des présidents de conseils généraux qui, aujourd'hui, voient avec inquiétude leurs dépenses d'APA exploser. La récente suppression des droits de succession pourrait être utilisée afin de convaincre l'opinion publique que si les enfants perçoivent désormais des héritages non taxés, ils pourraient en contrepartie subvenir, par le biais de ce patrimoine, aux soins de leurs parents. ...en l'appelant 5ème risque Nous pourrions également rcstreindre I'accès de I'APA au GIR 4. Ces demiers représentent en effet 42% des bénéficiaires et sont la principale source des dépenses nouvelles. Dans le cadre de la Revue Générale des Politiques Publiques (RGPP) que vous avez demandée aux différents ministèrcs, le cabinet Bertand réfléchit actuellement à toutes ces pistes. Mais évidemment une telle amputation de l'APA serait trop voyante. C'est pourquoi je vous propose de faire voter une nouvelle prestation que vous continueriez à appeler 5ème risque mais qui correspondrait aux caractéristiques que je viens de décrire. ll convient de rendre hommage aux ministres concernés. Eric Woerth, notre ministre des comptes publics, a ainsi déclaré le 15 novembre que: "Deux principes doivent guider les réflexions: la solidaité, car il faut veiller à affecter les aides à ceux qui en ont le plus besoin et la rcsponsabilité, en refléchissant à la manière de tenir compte des capacités contributives et du patimoine des personnes". Belle manièrc feutrée d'évoquer un seuil de ressources et une récupération sur succession. L'absence totale de réaction suite à cette déclaration montre que, pour I'heure, tout se passe comme nous le souhaitions." Charles Crannedeuf Conseiller Technique à l'Elysée Extrait du Mensuel des Maisons de Retraite N° 105 novembre 2007 ****************************************************************** CONFERENCE DE PRESSE AVVEC DU 18 DECEMBRE COMPTES RENDUS DANS LA PRESSE AFP Social-vieillesse-dépendance-budget Personnes âgées: moyens insuffisants et risque de "baisse de qualité" (Avvec) PARIS, 18 déc 2007 (AFP) - Le manque de moyens attribués aux établissements accueillant des personnes âgées risque d'avoir pour conséquences une "baisse de la qualité" et l'augmentation des prix pour les familles, affirme mardi l'association Vivre et vieillir ensemble en citoyens (Avvec). Avvec, qui regroupe l'AD-Pa (directeurs de maisons de retraite et soins à domicile) et la Fnapaef (personnes âgées et leur famille), dresse un sombre tableau de la situation des maisons de retraite en 2008 dans un dossier remis à la presse mardi. "L'augmentation du budget de l'assurance maladie pour les personnes âgées sera en 2008 de 8% contre 13% en 2007" rappelle l'Avvec, "c'est l'augmentation la plus basse depuis le drame de la canicule en 2003". Si l'Etat annonce de son côté une hausse de 11%, c'est, selon l'AVVEC, "purement fictif" car l'Etat inclut des crédits de 200 millions d'euros qui n'ont pas été utilisés par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) ces dernières années. L'association condamne aussi le "gel" des crédits de nombreux établissements qui n'ont pas signé la convention tripartite avec l'Etat. Parmi les 7.000 établissements d'accueil de personnes âgées (hors foyers-logements), 5% n'ont pas signé parce qu'ils sont "inadaptés", mais environ 1.700 ne l'ont pas fait en raison des procédures "bureaucratiques" et ne devraient pas, selon Avvec, se voir privés de crédits supplémentaires pour 2008. L'association demande la fermeture des établissements indignes, à laquelle, dit-elle, l'Etat n'est pas favorable en raison de la pénurie de structures, et la non-application du gel des budgets. Elle demande aussi de maintenir les emplois aidés dans le secteur de l'aide aux personnes âgées dans l'attente des dotations nécessaires pour recruter du personnel statutaire. "Déjà en 2007, les budgets de la plupart des établissements et services ont augmenté de 1,6%, soit moins que la hausse des salaires et des prix", souligne Avvec. "La seule solution pour les établissements est de diminuer le nombre d'emplois et donc la qualité de l'accompagnement à domicile et en établissement", concluent les organisations. L'autre possibilité est d'augmenter les prix payés par les personnes âgées, or celles-ci ou leur famille payent 60% du coût de fonctionnement d'un établissement, "un effort insupportable puisque la retraite moyenne est de 1.000 euros mensuels et le coût moyen pour les familles d'un établissement est de 1.700 euros". mv/vdr/bg ************************************************************************** Réflexions d'un directeur du Finistère Bonjour, Depuis quelque temps, je m'interroge sur la portée du discours des professionnels vis-à-vis de la politique du Grand Âge. Je lis les articles, les commentaires sur l'actualité (amendement sur l'APA, polémique sur la date-butoir, reportages TV) et vraiment je m'interroge : Sommes nous compréhensibles pour le "tout-venant"? Qui nous comprend ? Nos revendications, aussi légitimes soient-elles, portent quasi-exclusivement sur les moyens, elles empruntent un vocabulaire technique, complexe qui ne permet pas à l'opinion publique de saisir les enjeux de la vieillesse. Avant d'alerter sur la question du "Comment ?" il faut convaincre le plus grand nombre sur le "Pourquoi ?" Pourquoi une maison de retraite, à quoi çà sert ? Les pouvoirs publics se plaisent à complexifier un système techno-financier dans lequel seuls les spécialistes surnagent. Il est urgent de recoller la politique du Grand Âge au Réel. L'intervention des familles doit nous aider en ce sens. Nous sommes prisonniers de ce discours "misérabiliste", d'évaluation continue de la qualité qui n'est rien d'autre qu'une gestion savamment orchestrée de la pénurie... A combien d'entre nous les autorités de tarification ont rappelé qu'il était possible de faire mieux avec moins ? Nous même, Directions, entretenons malencontreusement une concurrence entre les "bien dotés" et les "sous dotés", les publics et les commerciaux, les bons et les mauvais... Aujourd'hui, il me semble primordial de fixer un objectif pour Tous, celui de s'interroger sur notre mission, sur notre rôle dans le dispositif d'aide aux personnes âgées : sommes-nous là uniquement comme substitut du domicile ? il est temps pour les professionnels du secteur de revendiquer une ambition de santé publique : celle de promouvoir une espérance de vie sans incapacité ! Cette "profession de foi" est le fil conducteur du projet d'établissement de la maison de retraite que je dirige. Sans verser dans l'angélisme, je rappelle que le maintien, voire l'amélioration de l'autonomie des résidents n'est pas le fruit du hasard mais le résultat des bonnes pratiques des soignants. Il est nécessaire de retrouver et de donner aux professionnels une fierté de travailler auprès des personnes âgées. Historiquement, nous avons connu une révolution démographique avec l'augmentation de l'espérance de vie. Compte tenu de cette heureuse réalité, il serait temps de promouvoir un objectif de santé publique : vivre vieux, mais debout ! La grabatarisation des corps est un dysfonctionnement de notre prise en charge, non l'aboutissement de la vieillesse ! Tant que nous laisserons croire que la dépendance est un phénomène inéluctable, jamais nous ne rallierons l'opinion publique. Nous devrions faire glisser nos revendications sur le registre de la santé publique et sur celui de la philosophie et des idées politiques, afin d'impulser un véritablement mouvement fédérateur autour de la question de la prise en charge des personnes âgées. Une fois cette ambition connue et diffusée : •la déclinaison des moyens que nous revendiquons deviendrait évidente ; •les projets de nos structures auraient plus de cohérence ; •les négociations budgétaires pourraient ressembler à autre chose qu'à des discussions de marchands de tapis; •la reconnaissance des métiers de la gériatrie pourrait être enfin entendue; •la politique en cours serait évaluée au regard d'un objectif clair et compréhensible; •l'action des professionnels prendrait enfin tout son sens ! Aucune naïveté dans mes propos, seulement la certitude que si la dépendance n'est pas un phénomène inéluctable, les professionnels sont en première ligne pour conduire ce chantier de santé publique. Pour les sceptiques, il faut se souvenir des écrits sur l'espérance de vie, il y a quelques dizaines d'années.... Merci de m'avoir lu jusqu'à la fin, vous souhaitant de bonnes résolutions pour 2008 et les suivantes ! *********************************************************************
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