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Accueil pour personnes âgées de demain et notamment des Baby-Boomers Réflexion de VEDIBE - 2006 Vieillir dans la Dignité et le Bien-Être Aujourd’hui la politique de l’offre se situe essentiellement entre le maintien à domicile, les maisons de retraite et les USLD . L’investissement dans de nouveaux Logements-Foyers est rare, sinon inexistant dans certaines régions. Lorsque le maintien à domicile d’un proche est une charge devenue trop lourde pour l’aidant lui aussi vieillissant on doit pouvoir trouver une alternative à la maison de retraite de type hospitalier, ou aux USLD, solution bâtarde entre soins hospitaliers et hébergement facturé, sans libre choix des thérapeutes On le sait, le maintien à domicile n’est possible que si l’aidant familial peut accompagner son proche. Voici ce que nous disait Florence Leduc (Directrice adjointe de l’UNA ) dans une conférence organisée par VEDIBE sur les conditions et les limites du maintien à domicile : « En principe, il n’y a pas de limite au maintien à domicile tant que les pathologies n’exigent pas un plateau technique ne relevant que d’une structure hospitalière. Mais, bien évidemment, il est absolument impératif de respecter un certain nombre de conditions pour que la dignité des personnes puisse être respectée : la réalité du désir de la personne âgée de rester chez elle (besoin d’un choix totalement libre) ; accord complet de la famille avec la personne âgée qui a manifesté son choix et accompagnement soigneusement suivi par la famille ; bonne compréhension du médecin qui ne doit pas orienter vers l’hôpital à la première difficulté rencontrée à domicile. » Aujourd’hui l’aidant naturel a entre 60 et 75 ans voire plus. Qu’en sera-t-il demain avec l’augmentation de l’espérance de vie ? Les aidants naturels, même secondés, fatiguent. De plus lorsque les Baby-Boomers atteindront un grand âge, leurs enfants seront soit en activité, vu l’allongement de l’âge de la retraite, soit eux-mêmes âgés et désireux de profiter d’une retraite méritée. Le problème des familles dispersées et « recomposées » ajoutera à la complexité, voire l’improbabilité de l’aide naturelle. Par ailleurs le choix des aidants d’accompagner leurs proches doit être librement consenti et non contraint par le regard des autres, la crainte du « Quand dira-t-on », ou le coût prohibitif des établissements. Un accompagnement contraint ouvre la porte à la maltraitance. Le libre choix des personnes âgées et de leurs familles, est conditionné par l’offre d’établissements de proximité qui donnent toute satisfaction sur le plan de l’accompagnement tant du point de vue de la santé que du maintien du lien social, et donc de l’accessibilité, lorsque le soutien à domicile n’est plus adapté. Or le choix aujourd’hui se limite trop souvent à un maintien à domicile facteur d’isolement, et une entrée en institution dans l’urgence et onéreuse. Nous les aidants de nos parents âgés nous savons de quoi nous parlons. Certains d’entre nous disent avoir une « overdose » de la difficile gestion du maintien à domicile, ou ne peuvent envisager un instant de vivre plus tard ce que vivent leurs proches dans une institution médicalisée. Alors quelle solution pour nous demain ? Les Logements-Foyers, inadaptés aux handicaps des personnes âgées, n’ont pas été conçus pour ce type de population, leur restructuration s’avère donc nécessaire. Notre expérience d’aidants de personnes âgées à domicile, ou de proches en institutions nous portent en effet à croire que le Logement-Foyer, adapté au handicap et modulable en fonction de la dégradation physique ou psychique, pourrait être une solution d’avenir pour les Baby-Boomers conscients de la charge qui incomberait à leurs enfants. Le logement foyer, c’est un vrai chez soi où l’on peut recevoir, faire sa cuisine tout en bénéficiant d’une restauration collective si on le souhaite. La personne peut faire appel à des services d’aide à domicile qui ne sont plus soumis au « turn-over » du personnel dans la mesure où celui-ci est fidélisé sur place, avec de meilleures conditions de travail. Cela suppose aussi le développement des SSIAD , des HAD et d’équipes mobiles de soins palliatifs. Vivre en logements-foyers c’est aussi la possibilité de partager des activités collectives choisies. Il conviendra bien entendu d’avoir un personnel permanent notamment la nuit, essentiellement pour les personnes malades ou en fin de vie. Tout l’encadrement reste à étudier ainsi que la structure capable de maintenir la personne dans le logement malgré une dépendance aggravée ou au pire de l’orienter vers une autre structure appartenant au même réseau de proximité, ce qui évite les placements en urgence. La solution des Logements collectifs adaptés aux handicaps « jusqu’au bout » pourrait être attractive et d’un coût moyen pour les Baby-Boomers conscients qu’ils pourraient devenir une charge pour leurs enfants vieillissant. On peut imaginer un tarif modulé (qui existe déjà dans certains logements-foyers) selon que vous êtes valide (redevance logement-foyer) ou handicapé (prix de journée de type EHPAD ). Quant au maintien à domicile pour ceux qui le souhaitent malgré tout, une politique du lien social, quasi inexistante aujourd’hui, est à créer de toute urgence pour faire face à un isolement qui engendre une dépendance accrue. Chaque personne âgée doit aussi être impérativement informée par courrier, des possibilités d’adaptation du logement pour lui faciliter la vie, et lui éviter tout accident avec un risque de placement en institution. Nous voulons que les logements d’accueil de demain soient de véritables lieux de vie où la personne se sent chez elle sans craindre à tout instant l’intrusion inopinée d’un personnel non respectueux du « domicile privé » du résident. Un lieu où il lui sera donné les moyens de continuer à choisir sa « Vie ». Le logement-foyer en est un exemple, de même que le domicile collectif intégré dans un immeuble, ce qui facilite le relationnel avec une population hétérogène. Soyons d’ores et déjà certains que les Baby-Boomers auront une exigence à laquelle les élus doivent se préparer dès aujourd’hui. « Si l’on compare 2 bougies, l’une neuve, l’autre usagée, la flamme est aussi lumineuse et chaude au début de sa vie qu’à la fin » (Dr Pierre Guillet)
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