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Intervention Mme Maguy MERLIN, Médiatrice familiale La conférencière se présente comme une juriste de formation qui a même enseigné le Droit Cependant s’apercevant que le droit appliqué aux questions familiales (particulièrement les divorces) était trop rigide, elle a évolué vers la médiation. Elle a suivi la formation de médiatrice généraliste et s'est spécialisée dans la médiation familiale. Elle a passé le diplôme de médiateur familial en 2006. Après avoir créé, avec d’autres, le service de médiation à l’UDAF 92 (Union Départementale des Associations Familiales) en 1998, elle a, comme membre de l’association « Médiateurs dans la ville » , signé une convention avec la Ville de Meudon pour assurer une permanence dans le cadre du « Point d’accès au droit » au Centre Social Millandy et faire ainsi connaître la médiation familiale. Elle s’est tournée vers les personnes âgées et leurs familles et est membre du comité technique de SOLRES 92 (Solidarité Respect) en charge de promouvoir la bientraitance. Toutefois l’association est tout à fait indépendante de SOLRES et du Conseil général, ce qui fait sa force. Les permanences sont l’occasion de donner aux familles qui ne savent plus où elles en sont, des renseignements juridiques, et de leur parler de la médiation qui est un moyen pour chacun de s'exprimer, de s'écouter dans la confidentialité avec un (parfois deux) médiateur(s) qualifié(s). Le but est de faire exprimer les besoins sans juger, sans conseiller, donc d'agir en catalyseur pour faire circuler à nouveau la parole, même dans le cas de personnes qui n’ont plus toutes leurs facultés et en venir si possible à un compromis en évitant de saisir la justice. C’est montrer que l’on peut soi-même être auteur de son avenir et ne pas attendre que ce soit une personne, juge, arbitre, qui d’en haut, décide qui a raison ou tort. Dans la médiation les deux parties sont gagnantes car elles ont trouvé un accord. Toutefois cela ne les privera pas d’un recours judiciaire ; elles pourront même faire reconnaître par le juge l’accord auquel elles sont parvenues par la médiation. Les divers exemples (y compris dans les cas de curatelle ou tutelle) montrent des retrouvailles, des réconciliations et ce, malgré la répugnance des familles à exprimer leurs difficultés devant un tiers. Mme Merlin nous cite le cas de 4 frères dont le dernier était d’un 2ème mariage et n’avait plus aucun contact avec deux de ses frères. Ils avaient en commun leur père. Le dernier des enfants s’étant vu notifié par le conseil général une contribution alimentaire et trouvant injuste d’être le seul à devoir payer, il s’est tourné vers la médiation familiale. Seul le juge des affaires familiales peut décider du montant pour chacun des enfants, mais le médiateur a proposé que les 4 frères se rencontrent, dont un très handicapé qui ne pouvait s’exprimer. Ils sont tombés sur un accord de principe, mais surtout ce fut un moment magique de retrouvailles. La médiation permet aussi de régler des problèmes de tutelles car malgré la réforme, dans les faits, il y a parfois de douloureux conflits familiaux. Mme Merlin cite le cas d’une personne de 83 ans jugée trop dépensière par ses enfants. Elle avait travaillé comme petite main dans un atelier de haute couture et avait toujours aimé portér de beaux vêtements. A 83 ans elle continuait donc de s’acheter de jolies robes. Les enfants ont demandé, et obtenu à l’appui d’un certificat médical, une mise sous curatelle, sous le prétexte qu’elle se mettait financièrement en danger La pauvre femme était abasourdie face à ce qui lui arrivait. On voit dans ce cas que c’est la protection juridique qui a été mise en avant et personne n’a pensé, simultanément, à l’espace de parole qu’offre la médiation. Dans les « Nourritures affectives » Boris Cyrulnik écrit : « Empêcher le récit d’une personne âgée, c’est interdire la seule action qu’il lui reste, c’est l’empêcher de prendre sa place, c’est l’exclure, l’isoler affectivement et socialement, la rendre confuse, désorientée dans un monde dépourvu de sens et de sensorialité ». C’est parfois la dépendance affective qui empêche de choisir sa vie. Il n’est pas rare que des personnes âgées maltraitées par un proche, le plus souvent un fils en état d’échec familial ou professionnel, n’osent pas se plaindre de crainte d’être séparées de cet enfant. Déposer une plainte ferme la porte à la médiation, or la médiation peut être l’ultime moment de restaurer les liens. Il arrive que des personnes âgées qui ont pu se réconcilier avec un enfant s’éteignent en paix dans les jours suivants. Pouvoir faire une conciliation familiale avant que la personne ne meurt évite aussi aux enfants d’avoir un sentiment de culpabilité. La médiation permet la mise en réseau de tous les intervenants auprès de la personne âgée car elle prend la personne dans son environnement. Que ce soit un conflit avec les aides à domicile par exemple ou en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes), la médiation a lieu dans un espace neutre et en parfaite confidentialité. Quiconque, dans l'environnement de la personne âgée, (notamment les professionnels à son contact) peut faire un signalement, même anonyme, qui conduira à une médiation . Par exemple, c’est une coordination gérontologique qui avait signalé le cas d’un monsieur enfermé par sa femme beaucoup plus jeune. Ce monsieur était atteint de la maladie de Charcot et ne pouvait s’exprimer qu’en écrivant sur une ardoise. Sa femme l’enfermait lorsqu’elle voulait s’absenter ce qui empêchait ses amis de lui rendre visite. La médiation a permis de trouver des solutions. Dans un EHPAD, la demande émanait du Président du Conseil d’administration et concernait une famille qui posait problème. Etaient présents, la directrice, le président du CVS (Conseil de vie sociale), le médecin coordonnateur, l’IDEC (cadre infirmier), 2 aides-soignantes, le tuteur, le médecin traitant, le fils et sa femme. La rencontre fut dense, longue mais une solution provisoire a pu être trouvée. Une famille qui rencontre des difficultés dans un EHPAD, peut aussi solliciter une médiation. La médiation est payante, de l'ordre de 8 à 100 €, selon les ressources des parties pour 1 heure et à 2h d’entretien. Il arrive qu’une médiation demandée par un EHPAD soit prise en charge par l’établissement. Le rendez-vous d'information à la permanence est gratuit. Il existe des médiateurs (regroupés dans la FENAMEF Fédération nationale de la médiation et des espaces familiaux) dans tous les départements . Pour connaître les coordonnées du service de médiation familiale le plus proche de chez vous http://www.mediation-familiale.org/media/Ou_sadesser.aspx Coordonnées de la FENAMEF : 11 Rue Guyon de Guercheville - BP 10116 - 14204 Hérouville Saint Clair Cedex Tél : 02 31 46 87 87 - Fax : 02 31 46 87 80 - contact@fenamef.asso.fr La médiation fait sa publicité auprès des réseaux gérontologiques, des CLIC (Centres locaux d’information et de coordination), médecins, notaires. La médiation ouvre vraiment à un autre art de vivre.
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